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Le Témoignage de Davide Franzi

De Matazari a Mananjary....

Poussé par une belle expérience de volontariat vécue en Roumanie, cet été j’ai désiré ardemment refaire la même chose dans un autre pays. Grâce à un système de bouche à oreille, alors que j’ai perdu désormais tout espoir, j’ai reçu en juillet un coup de téléphone qui m’annonçait la possibilité de partir… où ? … à Madagascar.

C’est ainsi que le 14 août à 23heures, je me retrouve à passer ma première nuit à Antananarivo à l’épiscopat du Père Christof. Au réveil, Modeste m’attendait : c’est le responsable malgache de la maison Tsara Zaza à Mananjary, un guide fidèle, attentionné et infatigable ;
Et nous partons avec Julien au volant du minibus ! Direction sud ! 600 kilomètres entre hauts-plateaux rouges et forêts pluviales.
Les enfants du centre d'accueil Tsara Zaza

L’association italienne de Turin à qui je dois la chance de faire ce voyage s’appelle « Construire Ensemble » et depuis des années elle opère à Madagascar dans la zone de Mananjary sur la côte orientale. Elle travaille en étroite collaboration avec les pères et les sœurs missionnaires sur place pour  principalement pourvoir aux soins, à l’instruction et à l’éducation des enfants qui pour diverses raisons ne peuvent ni vivre ni grandir dans leur propre village et ce faisant , leur garantir un service d’assistance sanitaire et médicale là où pratiquement ça n’existe pas. Le centre Tsara Zaza (beaux enfants ) de Mananjary qui aujourd’hui accueille 25 enfants d’environ 0 à 12 ans est né dans ce but, de même que le dispensaire d’Ambohitsara , village où il n’y a que des cabanes,  situé à environ 50 km de Mananjary au long du canal de Pangalane. Maisons construites grâce à la foi conjuguée de volontaires, de religieux, d’hommes et de femmes malgaches.

Enfants de Tsara Zaza Durant les jours passés à Mananjary, j’ai pu vivre une partie du monde de Tsara Zaza, avec ses enfants si doux et si vifs, avec lesquels j’ai tellement joué ; ainsi qu’avec les collaborateurs malgaches si sympathiques et si souriants. Tsara Zaza est un peu comme une grande famille, ouverte et accueillante, où les enfants peuvent recevoir tous les soins dont ils ont besoin et grandir sereinement. L’ambiance est parfaite, en plus de la maison commode et confortable, il y a un grand jardin qui offre la possibilité de jouer et de se reposer, il y a aussi  un grand terrain, où depuis peu on cultive la vanille, l’ananas, les bananes et d’autres fruits, ce qui nous permet d’apprendre à cultiver la terre,  qui est une chose très importante en Afrique.
Il est vrai que les problèmes de ces enfants sont graves : handicaps physiques, psychiques et problèmes familiaux, de ce fait le défi est énorme.

Par contre, à Ambohitsara, où je suis resté trois jours, j’ai pu observer la vie dure, simple et pauvre d’un village typiquement africain, d’où proviennent pratiquement les enfants de Tsara Zaza. Ici j’ai visité le centre médical de l’association, auprès duquel travaille un infirmier malgache ; ce centre  sert pratiquement, à la fois de dispensaire et de pharmacie. Ce centre est également équipé pour préparer certains médicaments et faire de petites interventions chirurgicales. Malheureusement il y manque encore la figure stable d’un médecin. Ici j’ai pu participer à trois jours intenses de pèlerinage pour la fête de l’Assomption qui se sont conclus par une très belle cérémonie, pleine d’allégresse et de chants parmi les cocotiers.

Des petits garçons de Tsara Zaza …Le 26 août, après une nuit en taxi brousse, je me retrouve à nouveau à l’Episcopat à Antananarivo ; oui ! Je suis fatigué mais je sens renaître mon cœur et mon esprit, et je sens en moi de nouveaux sentiments, pleins de musiques de couleurs, de sourires, de demandes que je voudrais ne plus jamais oublier pour pouvoir raconter et partager. J’ai encore un peu de temps pour une visite à Tana afin de profiter et d’échanger les dernières pensées avec ce cher Modeste et ensuite…. revenir à la maison.

Sur cette terre, la pauvreté des gens est une réalité concrète que l’on respire partout, pratiquement il n’y a pas d’électricité, les infrastructures et les conditions hygiéniques  font défaut, l’eau manque dans les maisons,  l’instruction est à un niveau minimum, et à ce jour les croyances sauvages existent encore ; les maladies comme le paludisme, la tuberculose, les vers intestinaux, la malnutrition, la grossesse non contrôlée sont nombreuses ; le chômage sévit et les moyens de transports sont rares, défectueux et coûteux, les moyens de communication sont précaires et le manque d’informations est flagrant.

C’est étrange de voir de femmes laver leur linge et faire leur toilette dans les ruisseaux, cuisiner sur du charbon, de voir des hommes qui comme les chevaux traînent des charrettes, de voir des enfants sans souliers qui jouent sur les routes poussiéreuses, gardent les troupeaux de zébu ou vendent de petites choses au marché.

Ces enfants sont partout car ils sont nombreux, au moins cinq par famille et je suis stupéfait de les voir si bien élevés, respectueux des adultes.

Des enfants du centre d'accueil Tsara Zaza Les adolescents deviennent vite des hommes et des femmes responsables prêts à se marier  et à fonder une famille.

Dans les villages, j’ai perçu un sens de la communauté et de  la collaboration réciproque, une atmosphère heureuse, souriante et cordiale même entre personnes de religions différentes. J’ai noté que la paresse n’existe pas ! je pense qu’en Afrique on ne peut pas se permettre d’être paresseux même si l’on est paresseux à la naissance ! En un mot, tout petits déjà, on apprend à se  débrouiller.

En côtoyant les enfants de Tsarazaza, je me suis rendu compte combien ils étaient créatifs. Il inventent leurs propres jeux, les  changent à leur manière et s’amusent facilement. Un simple ballon en gomme a été utilisé pour faire des boucles d’oreille, des anneaux, du chewing gum et même une flèche. Et combien ils sont heureux quand ils reçoivent un bonbon !!! Ici on ne jette jamais rien car tout peut encore servir.

Voulant faire une analyse de ce voyage, en réalité je pense que,  concrètement je n’ai rien fait d’extraordinaire, et pourtant je suis convaincu que le simple fait d’avoir partagé des bribes de joie avec ces gens a suffit à apporter une lueur d’espoir dans leur cœur. Ainsi, j’espère pouvoir encore continuer. En outre, j’ai eu l’énième confirmation du fait qu’il existe  tant de gens qui travaillent gratuitement pour faire du bien et qui luttent sans merci pour cristalliser ces rêves d’espoir et d’optimisme.

Je remercie de tout mon cœur Elodie et Fabrizio qui ont fait passer le mot, Cinzia de l’Association Fihavanana qui a annoncé et « cautionné » la possibilité de partir, Laura, responsable de l’Association « Costruire Insieme », qui derrière les rideaux a organisé tous les détails de mon voyage avec beaucoup de passion, Modeste mon ange gardien, tous les fantastiques enfants de Tsarazaza à qui je dédie ce témoignage, les habitants d’Ambohitsara, les sœurs religieuses qui  travaillent dans ces lieux , les missionnaires polonais, Madagascar et son paysage enchanteur…. Et naturellement le régisseur indiscutable de tout ceci, Dieu, qui tel le doux fracas de l’océan de Mananjary, a toujours été présent ; Je remercie pour  la foi invincible de toutes les personnes que j’ai rencontrées, les prières d’avant et après les déjeuners, celles qui m’ont accompagnées en Italie, le regard des enfants de Tsara Zaza, les chants des villages d’Ambohitsara, pour les soirées solitaires et le chemin parcouru…

… un océan qui n’arrêtera jamais de faire entendre sa voix.
 

Parrainage

Dans le cadre de sa mission de promotion, de protection et de réalisation des droits de l'enfant pour leur survie, développement, égalité et protection, l'UNICEF collabore tant avec le Gouvernement qu'avec les Organisations de la Société Civile.
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Enfants de Tsara Zaza
Des garçons du centre d'accueil Tsara Zaza
Au centre d'accueil Tsara Zaza
Au centre d'accueil Tsara Zaza
Au centre d'accueil Tsara Zaza