« Érosion de l’éducation » de Michella RAHARISOA ÉDITION SPÉCIALE DU 29 DÉCEMBRE 2011 DU QUOTIDIEN L’EXPRESS de Madagascar - page 25
Mission d’Analamahitsy
Pour notre Présidente, Cinzia, elle a été une grande amie et s’en souvient ainsi : un nez toujours pelé par le soleil, deux petit yeux bleu ciel derrières ses lunettes… la voilà Sœur Luciana de l’Ordre de Saint Joseph d’Aoste! En 1965, elle a quitté les montagnes italiennes du Gran San Bernardo, sa terre de naissance, pour se consacrer aux plus pauvres. Elle marchait comme les guides des Alpes: les mains croisées derrière le dos et le regard droit à l’horizon. Puis, elle nous a quittés aussi pour sa Mission Eternelle en 1994.
Cette Sœur modeste et tenace, au fur et à mesure de son dur travail, a créé un petit village aux pieds d’une carrière. Quelques petites maisons et une école pour les enfants des familles pauvres qui abandonnent la campagne pour le mirage inexistant de la richesse de la Capitale. Ce sont des mères avec beaucoup d’enfants dont les maris sont en prison, ce sont des enfants abandonnés qui vivent seuls et doivent se débrouiller par eux-mêmes et être suffisamment responsables à dix ans à peine, ce sont des gens qui n’ont jamais eu aucun revenu. Les mamans, parfois, travaillent à la carrière pour casser les pierres, ou vendent quelques fruits ou légumes dans leur baraque au le borde des ruelles, le plus souvent, elles mendient car c’est la seule façon de manger une petite ration de riz dans la journée.
Aujourd’hui la Mission est supervisée par Sœur Irène et l’Association Fihavanana continue à la soutenir grâce aux aides des Soutiens à Distance en parrainant quatorze enfants: Marie Eliane, Jhonny Claude, Sarindra Natacha, Richard Antoine et son frère Alain, Emma, Tinasoa, Anne Virginie, Nirina Tatiana, Tafita, Norbine, Marie Angeline, Marie Joeline, Fleur.
A’ eux se joint une famille entière, celle de Mme Madeleine, mère célibataire de sept enfants.
Les enfants peuvent fréquenter l’école à l’intérieur de la Mission et peuvent jouir des repas prévus de la cantine. Lorsque cela est possible, nous ouvrons un livret d’épargne, toujours utile quand ils seront majeurs.